Le jeudi 31 octobre 1964, à Porto-Novo, un groupe de mères de l'Église fait le ménage au siège suprême, dans le temple construit cette année-là, le premier en dur. Parmi elles, une petite femme connue de tous pour faire rire enchaîne les plaisanteries. Elle s'approche d'une fenêtre ouverte, le balai à la main, et crache dehors.
Une main invisible l'a soulevée du temple et l'a jetée dehors par la fenêtre. Puis la même main l'a rejetée dans le temple, toujours par la fenêtre.
Retombée sur les reins, elle se met à chanter un chant en goun. Elle n'a plus jamais plaisanté pendant les cultes.
Un chant protestant
Quand on lui rapporte ce chant, le Prophète OSCHOFFA le reconnaît tout de suite : c'est un chant protestant. À Porto-Novo, on ne l'a donc jamais chanté pendant un culte. Mais à Cotonou, on s'est mis à le chanter en déformant les paroles ; il est passé au Nigeria, puis en Côte d'Ivoire, où sont nées toutes sortes de traductions.
Six couplets retrouvés
La réponse est venue de la famille YANSUNNU : des parents restés protestants avaient gardé le recueil protestant en goun de Porto-Novo. Le chant y figurait avec quatre couplets de plus que ceux qu'on chantait. Le Recueil de chants en français – Tome II donne désormais les six couplets, sur la mélodie d'origine.
L'histoire complète : Le cantique 291 et le jeudi 31 octobre 1964.


