Le 29 septembre 1947, à Awhantinkomè, un quartier de Porto-Novo, le Prophète-Pasteur Samuel Biléou Joseph OSCHOFFA a reçu l'ordre de fonder l'ÉGLISE DU CHRISTIANISME CÉLESTE. Le pays s'appelait alors le Dahomey, et c'était une colonie française. L'Église est donc née en pleine période coloniale.
Fondée par le Prophète OSCHOFFA le 29 Septembre 1947 à Porto-Novo (Bénin) en pleine période coloniale, l'Eglise du Christianisme Céleste (E.C.C.) demeure un mystère, qui ne demandait pas moins qu'une trilogie chronologique, vu la quantité de faits et d'informations dont je dispose sur la vie de notre bien-aimé Prophète.
Un lundi, à 15 heures
L'ordre de Dieu a été donné le lundi 29 septembre 1947, vers 15 heures. C'était le jour de la Saint-Michel, que les fidèles de l'Ordre des Chérubins et Séraphins fêtaient déjà.
Le futur Prophète venait de passer trois mois seul dans la forêt. Ce jour-là, il priait avec un couple d'amis, Frédéric et Marie ZEVOUNOU, dans leur maison familiale de Porto-Novo. Marie a eu une vision, et lui en a eu une toute pareille. Une voix lui a dit : « Je t'envoie en mission. » Dieu lui expliquait pourquoi : ceux qui se disent chrétiens l'oublient dès qu'ils ont un problème, et courent chez les féticheurs et les magiciens. À leur mort, ils ne peuvent donc pas venir à Lui. Le futur Prophète devait fonder une Église où l'on n'adorerait que Dieu seul.
Les premiers jours : la nouvelle se répand
Le lendemain, Frédéric ZEVOUNOU est allé raconter à des amis ce qui s'était passé. Aussitôt, douze jeunes hommes sont partis en courant chez « Samuel OSCHOFFA, le trompettiste ». À peine arrivés, plusieurs ont été saisis par l'Esprit : ils prophétisaient et chantaient. Les autres ont pris peur et se sont enfuis. La nouvelle a fait le tour de Porto-Novo, et la maison a été envahie.
Quelques jours plus tard, alors qu'on allait prier, l'Esprit a saisi Marie ZEVOUNOU. Elle s'est mise à marcher à grands pas en chantant, presque comme un soldat. Gêné par les regards des passants, Frédéric a voulu l'arrêter et lui a touché le bras. L'Esprit l'a aussitôt jeté à terre.
Pendant près de treize jours, le futur Prophète n'a pas pu fermer l'œil. Jour et nuit, il recevait des messages, qu'il écrivait. À l'époque, Porto-Novo était une petite ville où tout le monde se connaissait, et sa maison d'Awhantinkomè ne désemplissait pas. Il a fini par avoir peur : sous la colonisation, les gardes pouvaient débarquer sans prévenir et emmener ceux qui troublaient l'ordre.
Le commandant de cercle donne son accord
Pour ne pas être pris de court, il a envoyé un ami, Dominique, qui travaillait dans les bureaux du commandant de cercle, le représentant de la France, pour prévenir l'administration. Le commandant l'a fait venir et l'a écouté. Sa réponse l'a surpris :
Tu as changé. Même moi, en te regardant, j'ai peur. Au lieu de chasser les gens, fais placarder des affiches dans la ville, invite-les et explique-leur tout ce que tu viens de me dire. Moi-même j'y serai, je suis né dans une famille chrétienne.
C'est ce qu'il a fait. Un vendredi, la foule s'est rassemblée sur un terrain vague en face de la maison, là où s'élève aujourd'hui une mosquée. Comme on le lui avait montré en vision, le futur Prophète a posé une table, et sur la table une croix avec le corps du Christ et l'inscription INRI. Lui qui était protestant a d'abord hésité, puis il a obéi. Il a placé un visionnaire à sa droite et un autre à sa gauche.
Les gens lui ont posé des questions, et il a répondu à chacun. Il a expliqué plus tard comment : pendant qu'une oreille écoutait la question, l'autre entendait un son venu de l'invisible qui lui soufflait la réponse, et sa bouche n'avait plus qu'à la répéter.
Les parents de Lévi M. YANSUNNU et d'autres anciens lui ont raconté une scène de ce jour-là, que le Prophète, par modestie, n'a jamais fait écrire. On lui avait amené un malade qui souffrait d'une forte diarrhée, et il a prié pour lui. Dans la foule, un vieil homme se vantait : dans les cultes traditionnels, eux aussi avaient de tels pouvoirs, et il allait prouver qu'OSCHOFFA n'était rien. Il parlait encore quand il s'est effondré. Personne n'a pu le ranimer.
Le 5 octobre 1947, le premier culte
Le dimanche 5 octobre 1947, le Prophète a prié en public pour la première fois, en invoquant Jéhovah, Jésus-Christ et Saint-Michel. Pendant ce premier culte, une femme de l'assistance a été saisie par le Saint-Esprit et a chanté le tout premier cantique de l'Église, le 239, « Bien chers frères croyants ». Personne n'a retenu ni son nom ni son visage. Aussitôt, l'Esprit a demandé au Prophète que, dans cette Église, on ne chante plus que les chants révélés par le Saint-Esprit.
Le 8 octobre : deux papillons de nuit et une bougie
Trois jours plus tard, le mercredi 8 octobre 1947, Marie ZEVOUNOU, qui était catholique comme son mari, a préféré aller au marché plutôt que de rejoindre le petit groupe qui priait. Elle venait d'étaler ses marchandises quand l'Esprit l'a saisie. Elle a couru jusqu'au groupe, à deux kilomètres de là.
Tout le monde était prosterné, le front contre terre, car c'est ainsi qu'on adorait à l'époque. Elle, au contraire, est restée le visage tourné vers le ciel. Un papillon de nuit s'est alors mis à tourner autour de la bougie allumée, puis s'est jeté dans la flamme. « Voilà le premier signe », a dit l'Éternel par sa bouche. Un deuxième papillon a fait la même chose. L'Esprit a expliqué que c'est ainsi que se ferait la succession de son serviteur OSCHOFFA : chacun accomplirait sa mission, puis entrerait dans la flamme divine, et un autre viendrait après lui. Marie ZEVOUNOU a ensuite prophétisé un cantique, et elle a donné un message pour le lendemain.
Le 9 octobre : l'eau de mer
Ce message disait qu'il fallait envoyer quelqu'un, le jeudi 9 octobre, à la plage de Sèmè : la mer y serait calme, et l'eau qu'on en rapporterait guérirait les malades. Le futur Prophète y a envoyé un certain Anatole, que Lévi M. YANSUNNU a connu.
Anatole est parti à bicyclette. En chemin, il a dû traverser un petit cours d'eau qui ne coulait pas, en portant son vélo à bout de bras. Arrivé à la mer, il l'a trouvée calme, comme annoncé, il a puisé l'eau et il est reparti. Au retour, le cours d'eau qu'il avait traversé à pied avait disparu.
De la cour familiale au siège de Davié
Au début, on priait dans la cour de la maison familiale d'Awhantinkomè. Il y avait tant de monde qu'on y a vite construit un abri en feuilles de palme.
Plus tard, le Prophète s'est installé à Davié, en face du collège actuel. C'était alors une grande forêt, où se cachaient des bandits et où l'on honorait des divinités, et il a longtemps été le seul à y habiter. Le terrain où se trouve aujourd'hui le siège suprême de l'Église lui a été offert par un homme politique de l'époque, pour le remercier d'avoir prié pour lui avant une élection. Dans les années 1964-1965, le Prophète a racheté les terrains voisins, qui étaient à l'abandon.
Une Église qui intrigue
Dès ses débuts, l'E.C.C. a suscité des questions, chez ses fidèles comme chez ceux qui la découvraient. C'est pour y répondre que Lévi M. YANSUNNU a consacré à ces premières années le premier tome de la biographie du Prophète, OSCHOFFA – Tome I, qui va de la fondation, en 1947, jusqu'en 1954. Il s'appuie sur ce qu'il a lui-même vécu, vu et entendu auprès du Prophète et des pionniers, parmi lesquels ses propres parents.
L'enseignement reçu à l'origine
Tout ce que le Prophète a reçu du Saint-Esprit, recommandations et ordres, forme l'enseignement de l'Église. La Doctrine, écrite « par les devanciers », c'est-à-dire par les anciens, le met par écrit tel qu'il a été reçu. Elle sert ainsi de référence aux fidèles d'aujourd'hui et de demain.
Pourquoi revenir aux sources
Après la mort du Fondateur, les pratiques ont changé au fil des années, et les désaccords se sont multipliés.
De l'intérieur comme de l'extérieur, les divergences s'étalent à mesure que les années passent, surtout dans les décennies qui suivirent le rappel à DIEU du Fondateur.
C'est pourquoi il faut revenir au 29 septembre 1947, le point de départ : savoir ce qui a été reçu, par qui, et dans quel ordre.


