Le dimanche 5 octobre 1947, à Porto-Novo, le Prophète OSCHOFFA prie en public pour la première fois, en invoquant Jéhovah, Jésus-Christ et Saint-Michel, dans le petit salon de sa maison familiale. Pendant ce premier culte, une femme venue simplement regarder est saisie par le Saint-Esprit. Un chant sort de sa bouche, en goun, la langue de Porto-Novo, et elle le chante encore et encore, plusieurs fois de suite :
Oh ! bien chers frères croyants, levez donc haut la tête et prêtez l'oreille à ce que dit Jéhovah. Savez-vous pourquoi vous êtes dans cette grande Église ? Savez-vous pourquoi vous êtes dans cette grande Église ? Que la Sainte Marie vienne nous accompagner, et qu'ensemble tous les saints puissent nous accompagner.
Puis elle repart, et personne ne l'a jamais revue. Personne n'a retenu ni son nom ni son visage. Le cantique 239 n'a que ce seul couplet.
La règle du premier jour
Aussitôt, l'Esprit dit au Prophète : dans cette Église, pendant les cultes, on ne chantera que les chants révélés par le Saint-Esprit ; on n'ira pas en prendre ailleurs, jusqu'à la fin des temps. Le cantique 239 n'est donc pas seulement le premier chant de l'Église : il fixe la manière de chanter de toute l'Église. La seule exception viendra du Prophète lui-même, en 1953, avec quelques « chants adoptés » d'un recueil protestant, pour les fidèles qui ne comprenaient ni le goun ni le yoruba.
Un chant gardé de mémoire
Il n'y a encore ni chorale ni musicien. Le Prophète retient l'air grâce au peu de solfège appris enfant, et l'apprend après chaque culte aux premiers fidèles, qui le déforment. À la fin de 1947 ou au début de 1948, Nathaniel A. YANSUNNU le note, paroles et musique, puis le traduit en yoruba. La traduction française est celle du Prophète lui-même, que Nathaniel A. YANSUNNU a seulement retouchée, et le Prophète a interdit qu'on y touche.
Un chant qui n'appartient à personne
Ces chants n'ont qu'un propriétaire : le Saint-Esprit. Ni la femme qui l'a reçu, ni celui qui l'a noté, ni ceux qui le publient aujourd'hui n'en sont les auteurs. C'est pourquoi le Prophète a interdit d'en faire commerce.
Toute l'histoire : Le cantique 239, premier chant de l'Église.


